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Adieu sentimentalisme!

Adieu sentimentalisme!
Ces six derniers mois furent incontestablement les pires de ma vie, mais aussi furent-ils ceux qui m'aient le plus porté fruit sur mon apprentissage de la vie, du monde qui m'entoure et de moi-même.

J'avais fait l'incommensurable erreur (comme beaucoup sur ce forum d'ailleurs) de m'accrocher maladivement à une personne au point d'en faire un sens à ma vie. Je me voyais telle une Martyr, me complaisant dans mon statut de victime dans cet amour «pur» que je ressentais. Tout cela sans me rendre compte que j'étais l'unique fautive de ce désespoir et que ma souffrance n'avait rien d'admirable en soi.

Évidemment, il m'en fallut beaucoup pour que je lâche prise, mais ayant un minimum d'orgueil, j'ai coupé tout lien avec lui, mais aussi l'essentiel: j'ai cessé d'espérer.

Ce fut mon premier processus de remise en question, mais n'eut-il pas fallu que je ne remette pas en question que ma personne, mais aussi la vie en elle-même. Aussi, je sombrai dans la dépression la plus totale, tenaillée par des angoisses existentielles et un profond dégoût pour la vie (car la mienne avait perdu son sens). Pathétiquement, je pleurai sans arrêt toutes mes soirées jusqu'à ce que cela me fatigue que le sommeil ne me gagne.

Aujourd'hui, je ne trouve encore que peu d'intérêt à ce monde qui m'a tant fait souffrir. Pourtant, je suis fière de cette réussite, de ce détachement que j'ai réussi à obtempérer en moi, d'avoir muri à une vitesse vertigineuse. Avant, je n'étais que l'esclave de mon sentimentalisme exacerbé. J'étais un être borné incapable de remise en question, en fait: un personnage stupide... et surtout d'une naïveté horripilante.

Cet incident peut paraître si ridicule, que je conçois que je sus en obligation d'avoir honte de ma réaction exagérée. J'ai réagis de manière concrète alors que j'avais l'habitude, même la manie, de ne jamais laisser savoir ce qui me torturait où me contentait. C'est pourquoi mon entourage ne crut pas à mon manège de dramaturgie, me croyant incapable de sentiments aussi forts, alors que je n'avais jamais montré qu'un intérêt subtil et détaché à celui qui est la cause de cette merde.

Bref, je me suis retrouvée à nue, vulnérable, chétive, méprisable. J'en ai emmerdé tant avec mon problème que mes proches virent l'étendue de tout l'égocentrisme qu'il y a en moi et s'éloignèrent, pour certains.

Mais je me surprends désormais à jauger l'amour et ces sentiments dits purs avec une froide logique qui m'effraie et qui leur arrache leur beauté. Ma douleur m'a transformée en un être hautement philosophique et frigide. Tout cela m'ennuie.
# Posté le dimanche 08 juillet 2007 02:36
Modifié le dimanche 08 juillet 2007 02:48

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